La mission des Nations unies en Afghanistan a exprimé son inquiétude concernant l'arrestation et la détention de femmes dans une province de l'ouest du pays pour avoir prétendument enfreint les "règles vestimentaires", et a exhorté le gouvernement des taliban à traiter toutes les personnes de manière égale.
La Mission d'assistance des Nations unies en Afghanistan (Manua) n'a pas précisé combien de femmes avaient été arrêtées, les médias locaux ayant déclaré la semaine dernière qu'au moins 21 femmes et filles avaient été placées en détention dans la province de Herat.
Les taliban afghans n'ont pas répondu à une demande de commentaires de Reuters.
"La Manua est préoccupée par les multiples arrestations et détentions de femmes à Herat (...) pour non-respect présumé des règles vestimentaires, ce qui soulève de graves préoccupations en matière de droits de l'homme", a déclaré l'Unama dans un message publié sur X dimanche soir.
"Nous rappelons aux autorités de facto que toutes les personnes ont droit à la liberté de circulation et que tous les individus, femmes comme hommes, ont droit à l’égalité devant la loi", a ajouté la Manua.
Ces détentions font suite à une directive des taliban publiée la semaine dernière interdisant aux femmes de se montrer en public sans ce que les autorités ont décrit comme un "hijab approprié", selon des médias locaux.
La directive avertissait que les femmes ne respectant pas le code vestimentaire — notamment celles qui montraient leur visage ou portaient du maquillage — s’exposeraient à des mesures punitives, selon ces informations. Reuters n’a pas été en mesure de vérifier de manière indépendante l’existence de cette directive.
Depuis leur prise de pouvoir à Kaboul en 2021, les taliban ont imposé de strictes restrictions aux femmes et aux filles, limitant leur accès à l’éducation, à l’emploi et au sport, ce qui a suscité de vives critiques internationales.
Un rapport de l’Unicef publié en avril avertissait que le pays pourrait perdre plus de 25.000 enseignantes et professionnelles de santé d’ici 2030 si les restrictions sur l’éducation des filles et l’emploi des femmes se poursuivent.
Les taliban affirment respecter les droits des femmes conformément à leur interprétation de la loi islamique.
(Mohammad Yunus Yawar, rédigé par Sakshi Dayal ; version française Elena Smirnova, édité par Augustin Turpin)

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